Artistes : Bei-Jing

Après un parcours remarqué en région qui les emmenés jusqu’à la scène Grand Est des Bars en Trans à Rennes en 2016, nous avions un peu perdu de vue le groupe troyens Bei-Jing. C’est le moment donc de remettre les pendules à l’heure avec la sortie de leur nouvel EP “Welcome Home”.

Crédits photo live : Marie Lou Photographie

Changement de line-up important, nouvel ep… C’est un peu un second départ pour Bei-Jing. Pouvez-vous nous dire ce qui s’est passé depuis notre dernière interview en 2016 ?

Jean-Baptiste : Eh bien pas mal de choses ! C’est même carrément un nouveau projet. Je suis reparti de zéro début 2019. J’avais vraiment envie de revenir à quelque chose qui me ressemblait. J’avais besoin de nouveauté, tant dans les chansons que dans la façon de travailler parce que mes goûts ont évolué et mes envies aussi. J’ai composé une quinzaine de chansons en un mois et demi et je les ai maquettées à la maison. Puis je les ai envoyées à Théo (batteur), Clément (bassiste et prod) et Tom (claviers) et on les a répétées pour monter un set assez rock/électro. J’ai toujours adoré le live. Je pense que la musique que je fais est écrite pour être jouée parce qu’elle est assez rock dans l’esprit. Un morceau comme « Help me see colors », par exemple, est très vivant, organique et il perdrait pas mal en intensité avec une boîte à rythmes.

 

Vous avez gardé cet équilibre propre à Bei-Jing entre les claviers et les guitares. Cela a t’il nécessité un travail important pour garder l’identité sonore du groupe ?

J-B : Pour moi, ce sont deux éléments indissociables. La guitare est importante mais je n’ai jamais été un fan de gros riffs hyper techniques ou de solos à rallonge. Je peux en écouter mais ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. Je suis assez mélodique finalement. Généralement, je joue des parties d’accompagnement et quand il y a un solo comme dans « Help me see colors » ou « Who are gods ? », je l’écris à la note près. Souvent, pour les thèmes, j’ai plutôt en tête des sons de synthés. J’ai baigné dans la new wave, avec des sons rétrofuturistes, autant que dans les albums de Pink Floyd ou Supertramp qui avaient des claviers incroyables. Et puis j’écoute beaucoup d’électro. Rien que du côté de la french touch, il y a de quoi faire quand même ! Ce que fait Kevin Parker dans Tame Impala, ça résume assez bien cette vision que j’ai des guitares et des synthés et de la production en général. Bref, c’est un peu un mélange de toutes ces influences. Pour cet EP, j’avais un son super précis en tête, avec des trucs un peu loufoques : du phaser sur la batterie, des voix qui se multiplient, des larsens, des transitions. Du coup, je me suis dit que c’était le moment pour moi de produire mes chansons. Je ne me suis mis aucune limite et au final je suis assez fier de comment il sonne. Il y a un parti pris vraiment Do It Yourself qui vient contrebalancer une musique très pop et je trouve que ça me représente bien. J’ai toujours été intéressé par les bidouillages et les accidents.

 

 

“Les lumières incertaines” est en français dans cet EP. Quel est l’histoire de ce morceau ? Est-ce le début d’une évolution du projet ?

J-B : C’est vrai que d’ordinaire j’écris instinctivement en anglais parce que quand je trouve une mélodie, le plus souvent, j’ai des mots ou des bouts de phrases qui me viennent en anglais et je brode autour. Il y a un an et demi, c’était une période très bizarre sur le plan personnel. Pas mal de choses ont changé en peu de temps dans ma vie : j’ai changé de ville, j’ai vécu des séparations un peu difficiles. Je me suis enfermé chez moi et j’ai écrit pour surmonter tout ça. Au bout d’un moment, il fallait que ça sorte. De toutes façons, c’est une thérapie de faire de la musique donc l’écriture est énormément influencée par ce que tu vis, par les épreuves que tu traverses. À ce moment-là, j’écoutais beaucoup Lomepal et la chanson de Nekfeu avec Vanessa Paradis : « Dans l’univers ». Je me retrouvais tellement dans le texte et leur interprétation ! Et puis, j’avais ce début de chanson dans mon dictaphone. J’ai écrit comme c’est venu un premier couplet en français, puis un deuxième. Et j’ai trouvé l’idée de la 2ème partie : une transition vers quelque chose de plus psyché avec cette espèce de chorale et, pour moi, il y avait une vraie continuité. C’était sur le même sujet donc je me suis dit que ça devrait faire une seule et même chanson. J’ai bien aimé sortir de ma zone de confort en bossant sur une prod un peu plus cloud rap. Ce n’est pas du tout la même façon de mixer, ça m’a appris plein de choses. Je ne saurais pas encore dire si ça va devenir une habitude mais j’ai pas mal d’idées un peu plus rappées en français… On en joue déjà quelques unes en concert et je verrai si ça donne quelque chose que j’ai envie de sortir à terme !

 

Est-ce que votre programme a été bousculé par la crise sanitaire avec la difficulté d’accompagner cette sortie avec des concerts ?

J-B : Ça a plus que bousculé le programme… Au départ, quand j’ai sorti le single et le clip de « Follow me » début mars, je pensais sortir l’EP « Welcome home » fin avril et faire pas mal de concerts dans la foulée pour accompagner cette actualité. Du coup, j’ai dû reporter la sortie et aucun concert n’a été maintenu de tout l’été. Certains [membres du groupes sont] intermittents donc, même avec les projets qu’on a à côté les uns les autres, on a vu la plupart de nos dates annulées, et ça continue d’ailleurs. Pendant le confinement, on a fait des vidéos « live session » qu’on enregistrait à distance. Je trouvais le temps long et je n’avais pas envie de tourner en rond, de rester inactif. J’avais hâte que cet EP sorte. Finalement, j’ai retardé [la sortie] jusqu’à septembre mais je ne tenais plus en place ! On a quand même pu maintenir la release party à Paris à la Péniche Antipode le 1er octobre et c’était une sacrée soirée ! Le public était assis et masqué donc ça faisait drôle, mais, par contre, quelle ambiance ! Le concert était complet à l’avance et on a passé un vrai bon moment. on a senti que les gens attendent comme nous que ça reprenne, ça manque à leur quotidien de boire un coup en dansant devant des concerts, dans des clubs…

 

 

Avec l’évolution des formats, est-ce qu’un album est une étape qui compte pour vous ? Avez-vous déjà prévu la suite ?

J-B : Je ne sais pas si les gens prennent encore le temps d’écouter des albums entiers. De moins en moins, j’ai l’impression. C’est Noel Gallagher qui m’a fait marrer quand il a dit : « à quel point faut-il être arrogant pour penser qu’aujourd’hui les gens ont une heure et demie pour écouter un putain d’album ? ». Il a sans doute un peu raison. On ne consomme plus du tout la musique de la même façon. On met beaucoup plus des chansons qu’on aime dans des playlists. Faut dire qu’avec tout ce qui sort en permanence, on ne manque pas d’artistes à découvrir donc je suppose qu’il vaut mieux qu’on écoute une de tes chansons mais qu’elle défonce ! Si ça ne tenait qu’à moi, « Welcome home » aurait été un album concept de 15 chansons accompagné d’un film…  Mais bon, déjà que je fais tout en indé, ça prendrait un sacré bout de temps et je vais être un peu court niveau budget ! Ahah ! En tous cas j’ai vraiment envie de faire des clips sur cet EP, d’illustrer les chansons parce qu’elles sont liées entre elles. J’adore la musique à l’image. Pour moi, c’est fort quand tu arrives à raconter une histoire en mélangeant les émotions d’une chanson à celles d’images qui au départ n’ont pas forcément été tournées pour. Tu prends les films de Xavier Dolan par exemple, à chaque fois qu’il habille une scène avec une chanson, ses plans sont tellement beaux que ça pourrait être un clip incroyable pour la chanson en question. Pour la suite, je compose un peu en permanence. J’ai des dizaines de maquettes en chantier et je sais déjà quelles chansons j’ai envie de finaliser et sortir dans quelques temps. Après, sous quel format, un album ou un autre EP, c’est encore tôt pour le dire. Entre temps, il y aura forcément des choses qui se passeront. J’ai repris « Words » de F.R. David au début de l’été, et j’ai bien aimé bosser sur une cover. J’en ai d’autres en tête. J’aime bien l’idée de faire remixer mes chansons aussi, donc si l’occasion se présente ça se fera avec plaisir ! Et puis il y a des feat qui se préparent aussi… Je n’en dis pas plus. Ce sera annoncé en temps voulu sur les réseaux !

 

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