Albums / EP / Maxi / Demos – Mai 2014

Peu importe le support, pourvu qu’on ait l’ivresse… Les artistes régionaux continuent de se faire entendre ; à nous de les écouter ! Au sommaire : The Distroy, Cadillac Palace, Remo et  le trio Le Bras / Erdmann / Tchamitchian.

 

The Distroy – There
is still a place
Après quelques années derrière eux d’enregistrements, d’EPs et de nombreux
concerts à travers la France, les troyens de The Distroy sortent leur premier
album There is still a place. Dès la première écoute, je suis intriguée par les
titres pop-rock du groupe à l’image de «Out of Control» ou «Beyond the Mask»
qui sonnent finalement comme de vrais tubes à mes oreilles, de ceux que l’on
entend en boucle sur les ondes et dont il est difficile de se défaire. Une
preuve du professionnalisme de la bande, tant l’album paraît bien fait. Bien
fait, certes, mais déjà fait, hélas, je me dis… En effet, la voix du chanteur
Roméo et les mélodies mélancoliques de «Echoes from the past» ou «Once upon a
time» me font vite penser à  un tas
d’autres groupes du même registre, de Nickelback à U2, influences pesantes qui
ternissent pour moi l’écoute de ce disque finalement un peu répétitif. Mais peu
importe, The Distroy signent un album efficace et finalement indémodable pour
les adeptes de chant mélodique et de ballades pop rock.
Marion

www.thedistroy.com

Retrouvez en podcast le débat autour de cette chronique sur Radio Primitive – PODCAST

 


 

Cadillac Palace
Voilà du jazz comme je l’aime : rythmé, créatif, surprenant, plein
d’énergie tout en restant sensible par moment. D’ailleurs est-ce que le terme
jazz n’est pas un peu réducteur ? Peu importe, ce qui compte c’est qu’on passe
un très bon moment en compagnie de ce trio (guitare, saxophone, batterie). Ils
ont su trouver un bon équilibre entre les passages « free », rythmes impairs et
les passages plus calmes et harmoniques. La batterie du luxembourgeois Jérôme
Klein est bien présente. Il apporte du dynamisme et des influences rock. Le
saxophoniste Jean-Baptiste Berger a un excellent son de sax et maîtrise bien
son sujet. Le guitariste Sébastien Leibundguth nous sert des solos efficaces
qui me font penser à John Scofield (N°3 : « Jimmy fais moi bien ») ou aux «
guitars héros » des années 90 avec le son qui va bien (N°5 : « Fighting with D
»). Les thèmes se suivent et rentrent dans la tête avec des morceaux qui
montent crescendo parsemés de solos qui pourraient même aller encore plus loin.
Ce qui me gêne le plus c’est l’absence de basse. Même si les rifs de guitare
essaient de combler le vide, j’imagine qu’une basse bien posée ajouterait une
dimension supplémentaire à l’univers de l’album et complèterait la partie
rythmique. En résumé : excellent album, notamment si vous voulez avoir un
premier contact avec le « Jazz » au sens large sans vous endormir. Un groupe,
qui j’espère, dégage autant d’énergie en live que le laisse penser cet album.
Flo

Facebook Cadillac Palace

 


 

Remo – Couchant rouge
Dans un monde où les productions de musique électronique
pullulent, il est désormais assez difficile d’entendre et d’apprécier de
nouvelles choses, la segmentation binaire de ce style perdant souvent
l’auditeur. Pourtant, à la première écoute du projet de Remo, intitulé Couchant
Rouge, on est assez surpris. Entre les sons électroniques et acoustiques, il y
a tout pour que cette œuvre soit novatrice, machine et instruments étant un
mélange prometteur dans cette période plutôt morose dans les musiques
électroniques. Techniquement réussi, musicalement présent, il y a quand même
malheureusement un goût de déjà vu… Et la deuxième écoute, quant à elle, me
donne envie d’être plus sévère : les relents technoïdes du dernier Kavinsky sont
trop évidents. Des nappes qui se déploient sur une basse électronique en down
tempo, on est bel et bien est dans la soundtrack d’un film. Les accents de saxo
quant à eux me font beaucoup trop penser à une époque révolue : les bandes sons
d’Eric Serra. Oui vous avez bien entendu ! Nous sommes entre modernismes
techniques et références « old school » qui ne m’emballent pas et me font
penser à un album de remixes du « Grand Bleu ». J’aurais voulu accrocher, mais
tant de saxo, de chant de baleines et de références obsolètes ne me font pas
chavirer dans l’univers de Rémo.
Dove

Facebook Remo

 


 

Le Bras / Erdmann /
Tchamitchian – De l’Estaque aux Goudes
Le titre de l’album fait référence à des quartiers de
Marseille, l’estaque et les Goudes. Le pianiste Francis Le Bras et le
saxophoniste Daniel Erdmann se sont inspirés de la citée phocéenne pour
composer ces 12 titres et sont accompagnés du contrebassiste Claude
Tchamitchian. Vous aimez et écoutez régulièrement du jazz traditionnel ?
Ecoutez l’album. Vous pensez que le jazz est une musique de vieux, molle, qui
peut servir uniquement en cas d’insomnie ou en musique d’ambiance autour d’un
verre de scotch et un gros cigare ? Ce disque vous confortera dans cette idée.
Il faut reconnaître que les ballades de l’album (c’est à dire tous les
morceaux) sont bien écrites et prouvent que les musiciens sont bons et qu’ils
ont de l’expérience. Toutefois l’histoire du jazz regorge de ce genre de
ballades intellectuelles et en voilà 13 autres de plus. On imagine bien cet
album en musique de film dans lequel un homme avec un chapeau marche seul sous
la pluie, dans une rue sombre, seulement éclairée par un lampadaire, et tout ça
en noir et blanc bien sûr. Bon j’arrête les clichés, ce groupe ne dépoussière
pas le jazz mais les solos sont bien réalisés, les morceaux bien écrits, la
complicité entre les musiciens est évidente et le rendu général est réussi et
cohérent. Je ne sais pourquoi mais cet album m’a fait penser au disque
« Armistice 1918 » de Bill Carrothers. Novices du jazz s’abstenir,
amoureux des grandes ballades et des ambiances feutrées n’hésitez pas à écouter
cet album.
Flo

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