Adhérents : Hell Prod

Si en Champagne-Ardenne, le nombre de structures de production et de développement d’artistes est assez restreint, l’ouverture des statuts du Polca à l’ensemble du Grand Est en 2018 a permis d’accueillir plusieurs acteurs dans cette activité. C’est le cas du label Hell Prod basé à Strasbourg et fondé par Julien Rimaire qui a répondu à nos questions, fervent défenseur du rock, celui qui se vit en live et un verre à la main !

 

Qu’est-ce qui a motivé la création du label en 2006 ?

Julien : Comme souvent, c’est un besoin pratique. Je jouais à l’époque dans Los Disidentes Del Sucio Motel et on travaillait sur l’environnement du groupe. Il nous fallait une structure pour sortir nos premiers disques. Du coup, on s’est lancé. Ensuite, quand je me suis rendu compte que ce que j’avais appris à faire pour LDDSM, je pouvais le reproduire pour d’autres, j’ai commencé à aider les copains à sortir leurs disques. C’est vraiment une démarche de « DIY ». On a appris le boulot en mettant les mains dans le moteur et en faisant les choses soit même.

Quel est le créneau artistique de Hell Prod ?

J. : Je pourrais dire que Hell Prod c’est du rock au sens large. Mais pour être un peu plus précis, je défends l’idée du rock qui sent la sueur dans des caveaux de bar, celui qui se vit une bière à la main, celui qui chante le diable, l’amour et la révolution ! Musicalement, on a toujours été assez varié. On a sorti du stoner, du blues, du punk rock, du speed métal mais à chaque fois c’était des artistes qui avaient « vendus leur âme » au rock, des gens qui respirent et vivent la musique tout le temps. J’ai envie de travailler avec des gens pour qui le rock ce n’est pas juste une étiquette musical collée sur un disque ou juste un business comme un autre.

Los Dissidentes Del Sucio Motel en 2013 – © www.facebook.com/EMK.LiveShots

Comment travaillez-vous la visibilité des disques que vous sortez au sein de réseaux particuliers ou de niche ?

J. : On travaille bien avec des réseaux de niches. On cherche les bon·nes interlocuteurs·trices pour chaque sortie : le·a bon·ne attaché·e de presse, le·a bon·ne bookeur·se… C’est presque finalement moins compliqué parce que tu arrives facilement à identifier tes interlocuteurs, ils sont moins nombreux.

Est-ce que vous obtenez des soutiens financiers pour la production et la promotion ?

J. : Actuellement, nous n’avons plus de soutiens financiers, le label sortant d’une « hibernation » de deux/trois ans. Mais nous en avons eu par le passé pour certains projets. Mais c’est toujours dans le cadre d’un projet de développement plus global. Il n’y a quasiment plus aucune aide spécifique à la production de support phonographique. Les collectivités locales ne financent plus la production. Alors qu’on a toujours besoin d’enregistrer des morceaux et de les sortir sur disques ou en streaming. Je ne connais aucun groupe qui arrivent à faire des concerts sans publier des morceaux.

Avec quelles structures entretenez-vous des liens privilégiés en région ?

J. : On est membre fondateur et adhérent de la Fédélab, la fédération des producteurs phonographiques du Grand-Est. C’est évidemment les gens avec qui l’on discute le plus. Mais Hell Prod fait également partie de POLCA et de GRABUGE – le réseau Musiques Actuel du Grand-Est) et on a des relations avec un peu tous les acteurs du réseau à des niveaux différents. Moi je travaille aussi en tant qu’administrateur et programmateur à La Maison Bleue à Strasbourg, donc forcément Hell Prod a des liens un peu plus fort avec ce lieu. On a d’ailleurs organisé notre premier et unique festival chez eux.

Quelles sont les actualités de Hell Prod ?

J. : Comme je disais, Hell Prod sort d’une  « hibernation » de 2/3 ans. On n’a pas vraiment été actif sur la sortie de disque par manque de temps et d’argent. Mais on revient avec un nouveau projet qu’on accompagne et qu’on développe qui s’appelle SAMEDI:BAGARRE, un groupe de punk rock strasbourgeois. Le groupe vient de sortir sa première vidéo, d’autres titres vont arriver au cours de l’année 2021 et on est en train de caler le planning pour enregistrer le premier album d’ici l’été pour une sortie fin 2021, début 2022

Comment avez-vous découvert le Polca et qu’est qui vous a incité à adhérer ?

J. : Et bien, il me semble que j’ai découvert le Polca via le dispositif ZOOM. À l’époque je bossais chez Zone 51 à Sélestat, et avec mon collègue Mickaël Marteau, on se disait que ça serait bien de monter un dispositif un peu équivalent pour les musiques dites « extrêmes ». On était proches de membres de l’équipe du Hellfest et du coup on s’imaginait monter un dispositif d’accompagnement pour faire programmer des groupes sur le festival. Mickaël a fait le rapprochement entre le Hellfest et POLCA et ça s’est fait. Comme j’ai filé un coup de main pour cette opération, j’ai découvert le boulot du POLCA et je me suis dit que ça serait pas mal d’adhérer à ce réseau. J’ai toujours aimé bosser en réseau, ça permet de croiser les expériences, tu as toujours quelqu’un qui peut t’aider sur un problème que tu rencontres…

 

www.hellprod.com

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