Polca | Détail de l'actualité

Polca | Détail de l'actualité

POLCA - Pôle Régional Musiques Actuelles de Champagne-Ardenne

[ INTERVIEWS ]

ARTISTE : PUZUPUZU

publié le 08.02.2017


À l'occasion de la sortie de son premier EP « Boro d'Enjaillement » chez Highlife Recordings, Puzupuzu incarne une certaine idée du renouveau des musiques électroniques : hybride et décomplexée. Rencontre.  

Prénom / Nom :

Perrissin Jean

 

Age :

41 ans

 

Structure :

Association FLaP – Festival Le Cabaret Vert

 

Activité :

Responsable Antenne des iNOUïS du Printemps de Bourges pour la Champagne-Ardenne.

 

Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?

J’évolue dans le secteur des musiques actuelles depuis bientôt 20 ans ! Je commence à devenir un vieux de la vieille comme on dit…

J’ai débuté en tant que régisseur général à l’Usine qui était la salle de concerts sur Reims avant l’ouverture de la Cartonnerie, j’ai été bénévole au sein de l’association Les Pirates de l’Art qui organisait le festival Capharnaüm et des concerts à la MJC Claudel,  j’ai participé à la création du Polca dans les années 2003/2005 en tant que président du CIR, j’ai également été membre de l’équipe de l’association Binary Gears au moment du lancement d’Elektricity et avant d’arriver à Charleville-Mézières en 2009, j’ai occupé le poste de Directeur de l’Orange Bleue pendant 2 ans ½. Bref, j’ai un parcours assez chargé en région.

En arrivant chez FLaP en 2009, l’association avait besoin d’une personne pour accompagner la professionnalisation de ses activités (direction, production, communication…). Je suis venu dans les ardennes avec l’antenne régionale des iNOUïS qui était localisée auparavant à Vitry-le-François.

 

En quoi consiste cette activité ?

Les iNOUïS autrefois appelées Les Découvertes du Printemps de Bourges existent depuis plus de 30 ans. C’est un des plus anciens dispositifs de repérage d’artistes émergents en France. Il a en outre la particularité de s’appuyer sur un maillage national avec des antennes dans chacune des régions de France. Chaque antenne s’appuie sur une personne qui doit opérer au sein d’une structure en lien avec les Musiques Actuelles.

Le rôle d’une Antenne est de coordonner sur son territoire le dispositif des iNOUïS à savoir l’appel à candidature, la composition et l’animation d’un jury régional pour les écoutes, l’organisation du concert d’auditions, présenter et défendre ses groupes en jury national et accompagner les artistes de sa région qui sont sélectionnés au Printemps de Bourges. C’est de l’animation de réseau et de l’accompagnement artistique.

Malgré la fusion des régions, le Reseau Printemps de Bourges a conservé l’ancienne organisation des antennes pour maintenir un ancrage cohérent.

 

Avec qui es-tu en relation ?

Chaque Antenne a ses relais en région. Pour la Champagne-Ardenne, j’essaie de faire tourner régulièrement les membres du jury régional et d’être le plus représentatif de la réalité de notre secteur. Je collabore bien entendu avec les lieux de diffusion et des festivals, mais aussi de temps en temps avec des journalistes, des disquaires ou des personnalités qui peuvent apporter une plus-value au Jury et un regard neuf.

Nous sommes soutenus par le région Grand Est depuis l’année dernière pour l’organisation de la Scène des Régions qui est une nouvelle scène sur le Printemps de Bourges. Avec l’Antenne Alsacienne et l’Antenne Lorraine, nous organisons une sélection d’artistes qui vient compléter les artistes iNOUïS. Cela permet de coopérer entre antennes et de pouvoir promouvoir d’autres artistes.

 

 

 

 

Quelles difficultés as-tu identifiées ?

On se doit d’être en capacité de dénicher la nouvelle découverte, la nouvelle sensation. Les dispositifs d’accompagnement et de repérage sont très nombreux désormais. Chaque région, et festivals possèdent leur dispositif aujourd’hui. De plus avec internet, un artiste peut voir son audience s’emballer très rapidement. Il y a une forme de compétition qui est parfois un peu exacerbée…Il faut éviter le piège de la mode savoir sentir quand c’est le bon moment un projet d’être mis en valeur Se planter sur scène à Bourges peut être très préjudiciable et les professionnels forment un public difficile et parfois blasé. Il faut être un minimum prêt, avoir une idée précise de ce que l’on souhaite présenter sur scène et avoir un peu d’entourage. Notre rôle est de sentir ça et de le défendre ensuite sur Paris quand vient le temps du Jury National.

 

Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ce travail ?

L’excitation lors des écoutes quand on tombe sur un projet inattendu et frais ! On y arrive encore fort heureusement. L’accompagnement des artistes à Bourges est aussi un grand moment. Les concerts sont souvent bien chargés, et c’est la conclusion heureuse après plusieurs mois d’attente contenus depuis l’inscription.

 

Quelles sont tes perspectives ?

Les iNOUïS sont indissociables du Printemps de Bourges. Ce festival arrive cette année à sa 41éme édition. La direction du festival vient de changer, c’est une nouvelle étape et c’est intéressant de vivre cela de l’intérieur. On sent une vraie attention envers les iNOUïS par la nouvelle équipe de direction et de programmation. Ca laisse entrevoir de prochaines évolutions de ce dispositif dans les années à venir…L’ouverture de la Scène des Régions aux Antennes en est un signe.

 

 

 

 

Artiste : Puzupuzu

Comment te présenterais-tu en quelques mots ?

Francesco : Dès la première question c’est chaud ton truc. Comme disait David Hume (un srab qui fait de la UK Garage), l’identité personnelle n’est qu’une illusion, à la fois par sa constante évolution et par la relativité de la perception - sans compter la part de la conscience médiatisée si bien décrite par Kant (un gars qui fait de la techno allemande). Sinon, Francesco, 27 ans, né à Milan, serveur-musicien-bibliothécaire, et globalement plutôt content.

Comment t’es-tu lancé dans la musique ? Quels artistes t’ont marqués ou influencés ?

F. : J’ai commencé par la basse dans un groupe de grindcore. Pour les influences c’est large, Internet ayant un peu révolutionné l’accès et la façon de consommer la musique. Mais en vrac, la tape house, les scènes africaines contemporaines, la beauté dans la répétition, la transe au sens ancien que l’on peut retrouver dans la musique sincère.

Tu as sorti tes premiers titres avec le label Celebration Tape Label que tu as fondé avec Charley Vecten. Pourquoi as-tu choisi de sortir cet EP sur Highlife Recordings ? Qu’est-ce que ça a apporté à ton projet ?

F. : Parce qu’Etienne est trop cool ah ah ! La famille, tout ça.

On te dit influencé par les sonorités africaines de ton enfance (ndrl : Côte d’Ivoire où il a grandi). Peux-tu nous parler un peu plus du titre « Café » où cette influence est très présente ?

F. : Et bien, c’est dur de parler de sa musique, mais j’écoutais beaucoup France le projet de Yann Gourdon à l’époque où je l’ai faite, j’avais envie d’établir un lien entre ces musiques de transes traditionnelles et répétitives et les musiques de transes tout aussi répétitives mais modernes. C’est un peu un morceau rituel.

Avec des collectifs comme la Forge ou Vapeur, on a la sensation qu’il y a une sorte d’effervescence, voire un renouveau des musiques électroniques à Reims. Qu’en penses-tu ?

F. : Déjà, que c’est une excellente chose. Je parlerai même d’une effervescence globale, et d’une sensibilité accrue à ces musiques, le nombre de soirées et de festivals se multipliant, et ces musiques deviennent de plus en plus populaires et comprises du grand public - bien sûr il y a des effets négatifs, comme la marchandisation ou l’appropriation de ces cultures qui étaient avant tout des espaces de liberté, mais j’aime croire que l’amour de ces musiques s’accompagnent d’une ouverture d’esprit simultanée. Et chaque collectif fait un super boulot dans son domaine, on peut aussi parler d’Inner Corner, de Lune, etc… Et on n’est pas dans un état d’esprit de compétition, mais de collaboration, comme le montre la dernière soirée Outrun au Freaked, où la Cartonnerie a prêté du matériel, Koutch de Lune a fait le son, Antho d’Inner Corner a drivé… Bref, tout le monde se chauffe, c’est la mif.

Crédits photos : Sylvere Hieulle